Sept points lumineux se déplaçaient quand tout le reste restait fixe. Quelle question chacun d'eux porte-t-il aujourd'hui ?
Le ciel nocturne, observé assez longtemps, se divise en deux populations très inégales.
Des milliers de points gardent leurs positions relatives, nuit après nuit, siècle après siècle. Et sept se déplacent. Ils avancent, ralentissent, reculent parfois, puis repartent, sur un fond qui ne bouge pas.
Ces sept là ont reçu un nom qui dit exactement ce qu'ils font. Planêtês, en grec : ce qui erre.
Sept visibles, trois retrouvées tard
Les sept errants se voient à l'œil nu, et toute l'astrologie ancienne se construit sur eux seuls : le Soleil, la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne. Sept objets, sept jours dans la semaine, la coïncidence n'en est pas une.
Trois autres se sont ajoutées après l'invention du télescope. Uranus en 1781, Neptune en 1846, Pluton en 1930.
Ce décalage mérite d'être noté, puisqu'il pèse sur ce qui suit. La symbolique des sept anciennes s'est déposée sur deux millénaires. Celle des trois modernes a été attribuée en quelques décennies, souvent par analogie avec les circonstances de leur découverte ou avec le mythe dont on venait de leur donner le nom. Un vocabulaire de deux cents ans au plus, bâti rapidement, et ce site l'emploie en le sachant.
Les deux lumières
Le Soleil et la Lune tiennent une place à part, assez pour porter leur propre nom : les luminaires.
Le Soleil traverse un signe en un mois. La tradition lui attache la direction prise quand rien ne l'empêche. Sa question : vers quoi cette vie tend-elle lorsque la place se dégage ?
La Lune traverse un signe en deux jours et demi. Elle porte ce qui remonte sans être appelé, le réflexe et le besoin de sécurité. Sa question : qu'est-ce qui vient en premier quand quelque chose se dérobe ?
Les trois rapides
Mercure, Vénus et Mars accompagnent le Soleil de près et changent de signe en quelques semaines. Elles individualisent, puisqu'elles diffèrent entre personnes nées à quelques jours d'écart.
Mercure porte l'échange, la parole, la manière de comprendre et de faire circuler. Sa question : comment cette vie s'y prend-elle pour dire les choses, et pour les entendre ?
Vénus porte le lien, le goût, ce vers quoi l'on se penche. Sa question : qu'est-ce qui attire ici, et qu'est-ce qui suffit à faire renoncer ?
Mars porte l'élan, la poussée, la manière d'entrer en conflit. Sa question : comment cette vie s'y prend-elle pour vouloir, et que fait-elle quand on lui résiste ?
Les deux sociales
Jupiter met un an environ à traverser un signe, Saturne près de trois. Leur rythme correspond à celui des étapes d'une vie, ce qui leur vaut cette place intermédiaire entre l'individuel et le collectif.
Jupiter porte l'expansion, la confiance, ce qui pousse à sortir du cadre. Sa question : où cette vie prend-elle de l'ampleur, et jusqu'où va-t-elle sans vérifier ?
Saturne porte la limite, la durée, l'exigence et le prix des choses. Sa question : qu'est-ce qui résiste ici, et que protège cette résistance ?
Les trois lentes
Uranus reste sept ans dans un signe, Neptune quatorze, Pluton entre douze et trente selon la portion d'orbite.
Cette lenteur change complètement la portée du repère. Tous ceux qui sont nés à quelques années d'écart les partagent, ce qui en fait des marqueurs de génération davantage que d'individu. Leur position en maison, elle, redevient personnelle.
Uranus porte la rupture, l'écart, ce qui refuse la place assignée. Sa question : qu'est-ce qui, ici, ne tient pas en place ?
Neptune porte la dissolution, l'imaginaire, ce dont les contours se perdent. Sa question : où les limites deviennent-elles floues, et qu'est-ce que ce flou permet ?
Pluton porte la transformation par le fond, ce qui se joue hors de vue. Sa question : qu'est-ce qui travaille en dessous, sans qu'on l'ait décidé ?
Ce que ces dix questions font ensemble
Prises séparément, elles se ressemblent un peu. Prises ensemble, elles couvrent un terrain que personne ne parcourt spontanément.
Quelqu'un qui dresse la liste de ses propres questions en oublie régulièrement quatre ou cinq, toujours les mêmes, et rarement par hasard. Dix questions imposées de l'extérieur produisent au moins deux visites dans des zones qu'on ne comptait pas ouvrir.
Chacune se précise ensuite selon le signe où la planète se trouve et la maison qu'elle occupe. Ces deux couches font l'objet des textes suivants.
Une planète seule pose une question large. Le thème entier sert à savoir laquelle mérite qu'on s'y arrête.
augures.me